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Voyage dans l'espace : la santé des astronautes ou touristes spatiaux menacée

Voyage dans l'espace : la santé des astronautes ou touristes spatiaux menacée

il y a 4 mois | by: David Kodjani

Même si voyager dans l'espace reste une très belle expérience, il n’est pas pour autant sans risque pour les astronautes.

En effet, selon des chercheurs, le voyage dans l’espace peut avoir des impacts sur la santé plus précisément le métabolisme sanguin. 


Ceci vient confirmer la lourde réalité du syndrome de l'anémie spatiale.


L'anémie chez les astronautes a été notée depuis les premières missions spatiales, mais les mécanismes contribuant à l'anémie dans les vols spatiaux sont restés flous. Aujourd’hui, grâce à l’étude de 6 mois mené sur 14 astronautes en mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et la composition de leur sang, nous savons à quoi est dû l'anémie spatiale.


Selon les chercheurs, les vols spatiaux sont associés à des niveaux constamment accrus de produits de dégradation de l'hémoglobine, de monoxyde de carbone dans l'air alvéolaire et de fer dans le sérum. Un an après l'atterrissage, les effets érythrocytaires ont persisté, y compris des niveaux accrus d'hémolyse, de réticulocytose et d'hémoglobine. Ces résultats suggèrent que la destruction des globules rouges, appelée hémolyse.


Alors que l'humanité planifie des voyages extraterrestres, il sera essentiel de comprendre les implications sanitaires de la vie dans l'espace pour planifier des voyages sûrs. La compréhension actuelle de l'anémie spatiale est que la diminution des globules rouges constitue une adaptation aiguë aux événements hémodynamiques majeurs des déplacements de liquide céphalique, de l'hémoconcentration et des faibles niveaux d'érythropoïétine (EPO) lors de l'entrée en microgravité. 


Les voyages spatiaux détruisent les globules rouges dans une proportion impressionnante. S'en est même une caractéristique primaire, à en croire les chercheurs de l’université d’Ottawa au Canada. 


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Pour rappel, sur Terre, notre corps crée et détruit, chaque seconde, pas moins de 2 millions de globules rouges. Durant tout le temps qu'ils passent dans l'espace, les corps des hommes aussi bien que ceux des femmes, détruisent 54 % de globules rouges en plus. Soit un peu plus de 3 millions par seconde. De quoi expliquer le syndrome de l'anémie spatiale connu déjà depuis longtemps.


Selon Erika Fonseca, astronome et planétologue étudiant les géantes gazeuses, “Le corps humain n'a pas évolué pour gérer la vie dans l'espace, et cela se voit dans notre sang même…”


Même s'ils ne l'ont pas mesuré, les chercheurs imaginent que les astronautes génèrent toutefois aussi plus de globules rouges de remplacement que sur Terre. Sans quoi, ils risqueraient l'anémie sévère et de graves problèmes de santé. Ils notent également que le déficit en globules rouges a peu d'impact tant que le corps est en apesanteur. Mais que les effets de l'anémie ont tendance à rattraper les astronautes une fois que la gravité de la Terre, ou d'une autre planète, se fait de nouveau ressentir.


Ces travaux montrent aussi que les niveaux de globules rouges reviennent généralement à la normale 3 ou 4 mois après le retour sur Terre. Même si un an après, les astronautes continuent d'en détruire jusqu'à 30 % de plus qu'avant leur séjour dans l'espace. 


Ces découvertes soulèvent néanmoins d’autres questions : quels impacts sur l'alimentation des astronautes ou encore, combien de temps le corps peut-il tenir à ce rythme, par exemple - en vue de longues missions en direction de Mars notamment.


Source : Futura Santé