Zoom sur le projet Loon de Google en Afrique

4 August, 2021 | by: David Kodjani

Selon Google, les deux-tiers des habitants de la planète n'ont toujours pas accès à Internet. Un manque inacceptable pour le moteur de recherche qui a donné le coup d'envoi en Nouvelle-Zélande d'un projet visant à se servir de ballons dirigeables comme des relais satellites.

Il a ciblé des régions pauvres en infrastructures télécom traditionnelles comme l'Afrique ou l'Amérique du sud.

Google a voulu apporter, à travers son projet Loon, l'accès à Internet pour tous grâce à des ballons dirigeables de 15 mètres de diamètre. L'idée des ingénieurs du moteur de recherche est assez simple : plutôt que de lancer de coûteux satellites dans l'espace, ils proposent d'utiliser ces ballons, perchés à 20 km au-dessus de nos têtes, pour déployer une connexion Internet de bonne qualité (équivalent 3G). Chaque ballon permettrait de couvrir une population sur un rayon d'environ 40 km.

Contrairement aux satellites qui ont une orbite fixe, les ballons de Google flottent avec les vents de la stratosphère.

Les ballons font la taille d'un terrain de tennis et sont conçus pour résister plusieurs centaines de jours aux rigueurs de la stratosphère. L'énergie est fournie par des panneaux solaires. Surtout, Loon a développé un système complexe de gestion du réseau, qui s'appuie notamment sur la prédiction des déplacements des ballons, portés par les vents d'altitude. Lorsqu'un ballon quitte sa zone de travail, il est redescendu sur Terre et remplacé par un autre.

Les ballons ne sont en fait que des antennes chargées de répercuter le signal sur une large zone. Côté internaute, pour profiter de cette manne numérique tombée du ciel, il faudra simplement s'équiper d'une antenne spécifique.

Le Kenya a été le premier pays africains et du monde à commercialiser et à expérimenter ce service.

Selon la fiche technique, la flotte était composée de 35 ballons stratosphériques et couvraient plus de 50 000 km 2 du territoire. Situés à une vingtaine de kilomètres au-dessus du sol, les ballons se déplacent continuellement afin d’offrir une connexion internet 4G sur une vaste zone. Le projet a été opérationnel dans 10 régions du pays dont Iten, Eldoret, Baringo, Nakuru, Kakamega entre autres Kericho et Narok.

Mais avec le Kenya pour seul client, le projet Loon d'accès à Internet assuré par des ballons de la filiale d'Alphabet a été abandonné faute de visibilité commerciale.

"Le chemin vers la viabilité commerciale s’est avéré beaucoup plus long et plus risqué qu’espéré. Dans les mois à venir, nous allons commencer à mettre un terme aux opérations de Loon et nous avons décidé que ce projet ne fera plus partie des grands paris d’Alphabet", a expliqué Astro Teller, le patron du labo X, l'incubateur d'idées d'Alphabet.

En ce qui concerne le Kenya, Loon a promis de conserver une équipe pour éteindre doucement le service. Cela s'accompagne d'un fonds de 10 millions de dollars pour aider les acteurs caritatifs ou commerciaux "qui travaillent à améliorer la connectivité, l’entreprenariat et l’éducation dans le pays", selon les termes du communiqué. Rien n'est dit en revanche sur une indemnisation des clients.

On ne sait rien non plus sur le coût final du projet Loon. En revanche, Alphabet a les reins assez solides pour supporter cet investissement à perte. C'est aussi la vocation du Labo X : aller là où personne ne va pour découvrir, peut-être, la révolution technologique de demain.

Source : Financial Afrik, Franceinfo Afrique, L’Usine Digitale, 20Minutes

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