Ghana & Nigéria : les deux seuls pays de l'Afrique de l'ouest disposant de petits satélites

3 March, 2021 | by: David Kodjani

La miniaturisation des satellites regroupe les problématiques associées à la réduction de la masse des satellites artificiels et des sondes spatiales.

L'objectif de cette réduction de poids est de permettre l'abaissement des coûts de lancement qui constituent un poste budgétaire très important et qui sont à peu près proportionnels à la masse des engins spatiaux. Il s'agit également de diminuer l'énergie consommée dont la production peut mobiliser jusqu'à 30 % de la masse d'un engin spatial. La miniaturisation bénéficie des progrès dans le domaine de l'électronique et de la production d'énergie dans l'espace. Toutefois il reste difficile aujourd'hui de concevoir un engin performant au-dessous d'une masse comprise entre 100 et 200 kg.

Le besoin de production des petits satellites vient du coût de lancement des satellites qui reste très élevé. Seuls les organismes nationaux ou les grandes entreprises disposent de budgets suffisamment importants pour accéder à l'espace. La solution permettant d'abaisser les coûts de manière significative était donc la réduction de la masse des satellites. Les institutions disposant de budgets spatiaux importants sont également intéressées par la mise à disposition de petits satellites permettant d'assurer des missions ponctuelles et ciblées ne justifiant pas le lancement ou la mobilisation de "gros satellites". Enfin dans le domaine de l'exploration du système solaire, la masse d'une sonde spatiale est un paramètre qui influe de manière importante sur les coûts de la mission car l'engin spatial doit être fortement accéléré pour atteindre la plupart des planètes, a fortiori lorsqu'il doit se placer en orbite autour de celles-ci.

Les satellites directement concernés par la miniaturisation sont rangés dans plusieurs catégories en fonction de leur masse à sec c'est-à-dire sans les ergols. Ces derniers sont des substance homogène employées seule ou en association avec d'autres substances pour fournir de l'énergie. Ils sont utilisés dans un système propulsif à réaction. Ce découpage n'est pas normalisé et les institutions spatiales fixent des bornes différentes pour les catégories les plus lourdes (micro et minisatellites). On a ainsi le :

  1. Femtosatellite : masse < 100 g.
  2. Picosatellite : masse < 1 kg
  3. Nanosatellite / CubeSat : masse < 10 kg
  4. Microsatellite : masse < 100 - 150 kg (NASA < 100 kg)
  5. Minisatellite : masse < 500 kg (NASA small satellite < 180 kg)

Au jour d’aujourd’hui seuls 2 pays de l’Afrique de l’ouest disposent de petits satellites encore appelés CubeSat. Il s’agit du Nigéria et du Ghana. Le Nigéria a été le premier à ouvrir la marche en Afrique de l’ouest en 2011 avec le "NigeriaSat-2" et le "NigeriaSat-X". Ils sont utilisés, entre autres, pour la cartographie forestière, la surveillance des désastres et diverses applications sécuritaires et militaires. Ce n’est que 6 ans après que le Ghana a emboîté le pas avec le "GhanaSat-1". Le satellite est utilisé pour surveiller le littoral du Ghana à des fins de cartographie et pour renforcer les capacités en science et technologie spatiales. Ce projet qui a duré 2 ans à coûté plus de 26 millions de francs CFA.

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