L'importance des premiers secours

16 May, 2021 | by: David Kodjani

Les premiers secours représentent l'ensemble des techniques d'aide apportée aux personnes victimes d'un accident, d'une catastrophe, d'un problème de santé ou d'un problème social compromettant à court terme leur état de santé.

Ces techniques permettent d'apporter des réponses efficaces devant un danger vital et ont comme objectif d'en minimiser les conséquences tout en assurant la survie des personnes en leur prodiguant des premiers soins d'urgence. Les premiers secours sont le maillon initial en amont de la chaîne des secours jusqu'à la prise en charge par des services d'urgence spécialisés.

Sauver une vie tient parfois à peu de chose. Il suffit parfois d’une réaction adaptée pour prévenir, limiter ou écarter un danger imminent.

La notion d'alerte aux secours dépend énormément des infrastructures du pays dans lequel on se trouve. Dans les pays où les secours publics sont peu développés, la seule aide que l'on peut espérer obtenir est sans doute l'intervention des forces de l'ordre ou celle d'un médecin, la lutte contre les calamités et les incendies reposant sur la solidarité au sein de la population. Il faut donc pouvoir se procurer le numéro de téléphone du commissariat ou du médecin et le joindre directement ; dans ce contexte, il peut être judicieux d'amener un malade ou une victime au cabinet du médecin, au dispensaire ou aux urgences de l'hôpital.

Dans les pays où les secours publics sont très développés, la victime peut obtenir de l'aide rapidement, ce serait donc une erreur pour un témoin de vouloir la transporter vers la structure de soin sans un avis médical : le transport par des personnes n'étant pas des professionnels des secours pourrait aggraver l'état de la victime, voire provoquer sa mort. Dans un tel contexte, l'alerte prime sur toute autre action excepté la protection.

Une personne victime d'un malaise, d'une maladie ou d'un accident doit être, dans un certain nombre de cas, prise en charge par des professionnels de santé, éventuellement au sein d'un hôpital. Les États mettent en place une organisation des soins et des secours permettant cette prise en charge. Cependant, il faut que quelqu'un puisse prévenir ces services. C'est là le rôle, primordial, du témoin.

Plusieurs intervenants vont participer à la prise en charge de la victime, on parle donc de la chaîne des secours. Le témoin de l'incident est le premier maillon de la chaîne des secours. Il est donc nécessaire à ce dernier de prévenir les secours, au risque que la victime ne soit pas prise en charge.

Par ailleurs, dans les cas les plus graves (par exemple saignement abondant, arrêt de la respiration, danger immédiat), les secours, si rapides qu'ils soient, arriveront trop tard : on estime que les premiers gestes doivent être faits dans les trois minutes qui suivent l'accident. C'est là toute l'importance de savoir faire les gestes de premiers secours.

Le témoin, bien qu'étant le moins compétent, est donc la clef du système de prise en charge des victimes. Sans témoin, pas de secours ; sans gestes de premiers secours, peu de chances de survie.

En cas d’arrêt cardiaque, la pratique d’une défibrillation dans les quatre minutes donne un taux de survie de 40 à 50% contre moins de 5% si elle a lieu plus tard. En ce qui concerne les lésions oculaires chimiques, le rinçage immédiat à l’eau peut sauver la vue. Pour les lésions médullaires, une immobilisation correcte peut faire toute la différence entre une récupération complète et la paralysie. Dans le cas des hémorragies, une simple pression du doigt sur un vaisseau qui saigne peut mettre fin à une perte de sang engageant le pronostic vital.

Même les soins médicaux les plus attentifs ne sauraient corriger les effets de premiers secours erronés.

Ces gestes qui sauvent

  • Coupures

En cas de coupure profonde, il est recommandé d’appliquer une pression sur la blessure avec un bandage ou un vêtement propre pour stopper le saignement. Il est essentiel de porter des gants ou tout matériel pouvant aider à se protéger ou à protéger la victime de toute infection. Puis il faut conduire la personne dans un centre de santé pour qu’elle reçoive le traitement approprié. Le plus important, en cas de coupure profonde, est de stopper l’hémorragie. Pour les coupures mineures, il faut aussi arrêter le saignement en pressant sur la blessure et mettre un pansement. Pour distinguer une entaille profonde d’une coupure mineure, il faut voir la quantité de sang qui se perd. Il faut aussi voir si le sang gicle par jets. Si tel est le cas, cela signifie que c’est une coupure profonde qui nécessite un avis médical. Que le saignement soit minime ou conséquent, il importe d’avoir les bons gestes. Le garrot est la dernière option à envisager en cas de saignement, souligne Navin Mahadoo. Il est aussi recommandé de garder son calme et de parler à la victime pour la rassurer.

  • Brûlures avec un liquide chaud

Il faut de prime abord déterminer la gravité de la brûlure : est-elle simple ou sévère ? Si la partie brûlée dépasse la surface de la paume de la main, il faut consulter un médecin. Le traitement est le même dans les deux cas : il faut placer la partie brûlée sous l’eau courante afin de la rafraîchir, ce qui permet de réduire l’inflammation. Le dentifrice ou tout autre produit (huile ou beurre) ne doit pas être appliqué sans avis médical. Ces produits empêcheront une bonne aération de la brûlure.

  • Voies respiratoires obstruées

Si les voies respiratoires sont obstruées par un corps étranger, il y a deux moyens pour tenter de l’enlever, que ce soit chez un enfant ou un adulte. La première technique pour éviter l’étouffement chez un nourrisson est de le placer sur le ventre et de lui donner des tapes entre les omoplates, tout en gardant le passage d’air dégagé. Si cela ne fonctionne pas, il faut retourner le nourrisson sur le dos et appliquer une pression sur la cage thoracique. Chez les enfants et les adultes, il faut se placer derrière la victime et lui donner des tapes entre les omoplates. Si cela ne fonctionne pas, il faut se placer derrière la victime, puis mettre les bras autour d’elle au niveau de la cage thoracique et appliquer une pression. C’est la méthode Heimlich.

  • Produit toxique ingurgité

Un enfant peut facilement faire la confusion entre une bouteille de jus et un produit nettoyant. Cependant, il est possible qu’un adulte consomme un tel produit par accident. La première chose à faire est de prendre avec soi le produit et de le présenter dans un centre de santé le plus proche. Attention, il ne faut rien donner à boire à la victime, car cela peut interagir avec le produit ingurgité.

  • Accident de la route

En cas d’accident de la route, il faut faire très attention avant de bouger la victime. Cela peut endommager sa colonne vertébrale et causer des lésions internes irréversibles. On ne doit pas s’improviser secouriste quand on ne sait pas quoi faire. Le mieux est de rester auprès de la personne et de la rassurer si elle est consciente ou encore de délimiter le périmètre afin qu’elle n'encourt aucun autre danger. Il ne faut pas retirer le casque de protection non plus. Un secouriste a ses limites. Il doit les respecter.

  • Respiration artificielle et compression cardiaque

En cas d’arrêt cardiaque, il faut pratiquer la respiration artificielle et le massage cardiaque afin d’oxygéner le cœur. La ventilation artificielle est de faire le bouche-à-bouche pour transmettre de l’air à la personne en basculant sa tête en arrière lorsqu’elle est allongée sur le dos. Pour la compression thoracique, il faut appliquer la pression avec la paume de la main trente fois et pratiquer une fois le bouche-à-bouche jusqu’à l’arrivée des secours.

N.B. : Certains des gestes mentionnés ne peuvent être pratiqués que par des personnes ayant reçu une formation en premiers secours.

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