Cyberlégislation en Afrique : Cas des pays de l'A.O

28 May, 2021 | by: David Kodjani

En Afrique, l’essor rapide de nouvelles technologies a entrainé le développement de nouveaux usages. Internet multiplie les accès sur l’extérieur mais aussi les possibles déviances.

Le nombre d’internautes a augmenté considérablement sans que ceux-ci ne soient accompagnés et sensibilisés aux risques. La cybercriminalité s’est considérablement développée ces dernières années.

La Côte d’Ivoire compte un nombre très important de cybercriminels. Cependant, il semblerait que les pratiques des cybercriminels ivoiriens restent à la marge par rapport à l’ampleur des méthodes nigérianes. Les brouteurs ivoiriens auraient en majorité entre 12 et 25 ans et proviendraient du Nigeria, ayant fui la répression contre les activités cybercriminelles. Ils agissent surtout depuis les cybercafés publics.

Dans un rapport publié par la société Trend Micro en 2012, « les cybercrimes en provenance de l’Afrique sont classés parmi les dix principales menaces qui pèseront sur les entreprises et le grand public dans les années à venir, car comme le cyberespace, la cyberescroquerie n’a pas de frontières. Les Etats-Unis, inquiets des attaques venant d’Afrique, ont dressé un classement des dix premières sources mondiales de cyber arnaques : le Nigéria arrive en 3ème position, le Ghana en 7ème, et le Cameroun est 9ème du classement ».

Le Nigeria, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont les pays les plus vulnérables, plus de 10 000 cybermenaces ont été recensées en 2015 dans ces pays. Les pays les plus exposés sont également ceux qui ont un taux de pénétration d’internet et de la téléphonie mobile les plus élevés.

Face à ces attaques, les gouvernements prennent progressivement conscience de l’enjeu de la cybercriminalité et la nécessité d’y faire face.

L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) soutient l’élaboration de cadres législatifs et de structures opérationnelles de lutte contre la cybercriminalité via, notamment, le développement de CERT (Computer Emergency Response Team). Aujourd’hui, plus de 15 pays africains sur les 54 du continent disposent d’un CERT opérationnel, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Nigeria. En outre, la majorité des pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’ivoire, Ghana, Nigeria, Togo, Sénégal) dispose désormais d’une législation en matière de cybercriminalité.

Si la mise à niveau ou l’adoption des législations sont d’ores et déjà une première étape importante, elles ne sont pas, à elles-seules, suffisantes pour contrer les menaces liées à la cybercriminalité. Ces législations calquées bien souvent sur les réglementations européennes peuvent apparaître pour l’heure comme des coquilles vides dans la mesure où elles ne s’accompagnent pas de structures ad hoc tant judiciaires que policières.

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