Covid-19 : Les trois axes de la prise en charge d'un contaminé

28 June, 2021 | by: David Kodjani

La maladie résultante de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 ou Covid-19, est une pathologie émergente de type zoonose virale, responsable d’une pandémie ayant débuté en décembre 2019 en Chine.

Si l’annonce de Pfizer et BioNTech laisse espérer que la course au vaccin contre le Covid-19 est entrée dans sa dernière ligne droite, il n'en va pas de même pour la recherche d'un traitement efficace, lequel se fait toujours attendre. Mais les longs mois de recherches intensives visant à mieux connaître le mode d'action du coronavirus Sars-Cov-2 et ses effets multiples sur l'organisme humain n'auront pas été vains.

Dans les hôpitaux et les services de réanimation accueillant les cas les plus graves, caractérisés par les états d'insuffisance ou de détresse respiratoire, la prise en charge n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était au début de l’année 2020

La première vague épidémique a correspondu à une première phase d'apprentissage, dont les résultats se sont fait sentir.

Rappelons que si, dans la grande majorité des cas, le premier tir de barrage que constitue l'activation du système immunitaire inné suffit à débarrasser l'organisme du virus (d'où les formes asymptomatiques ou pauci-symptomatiques, de loin les plus fréquentes), il arrive que cette première ligne de défense se fasse déborder par le virus ; c'est alors que le système immunitaire risque de s'emballer, notamment - mais pas seulement - dans les poumons, cible numéro un du virus. La surproduction de cytokines, cellules activant le système immunitaire, et une réaction cellulaire adaptative créent alors des lésions qui, outre les poumons, peuvent atteindre le cerveau (comme en témoignent les pertes d'odorat et/ou de goût), les reins mais aussi - point très important pour la bonne prise en charge des malades - le système vasculaire : plus précisément, c'est l'endothélium (ou paroi interne) des petits vaisseaux que sont les capillaires qui peut être touché et favoriser l'apparition de caillots sanguins ; les patients deviennent alors pro-thrombotiques.

La prise en charge de malades en hospitalisation porte sur trois axes : les traitements, l'oxygénothérapie, la corticothérapie et les anticoagulants.

  • L'oxygénothérapie

Premier axe, donc : l'oxygénothérapie. L'intubation des patients en détresse respiratoire permet certes d'apporter aux malades les plus gravement atteints l'oxygène dont ils ont besoin pour rester en vie, mais elle n'est pas sans risque. Car le tuyau introduit dans la trachée peut aussi, malgré toutes les précautions prises, servir de « conduit » aux germes qui pullulent dans la gorge ou le tube digestif et les amener dans l'appareil respiratoire. Sur des poumons déjà fortement malmenés, ce risque de surinfection bactérienne, venant s'ajouter à l'infection virale, est particulièrement dangereux. Il est connu des médecins et réanimateurs depuis de nombreuses années, raison pour laquelle ceux-ci préfèrent à l'intubation, chaque fois que c'est possible, des techniques d'oxygénation non invasives, consistant à pousser l'air dans les voies aériennes, et non directement dans les poumons.

Si, au début de la première vague, la crainte des gouttelettes nécessairement dispersées en abondance par ces techniques non invasives explique que l'on ait massivement intubé, l'amélioration et la standardisation des protocoles font que ce n'est plus le cas aujourd'hui. D'autant que l'oxygénation à haut débit est venue efficacement prendre le relais de l'intubation. Grâce à des appareils comme Optiflow, il est en effet devenu possible de pousser dans le nez jusqu'à 50 litres de gaz (chauffé et humidifié) par minute, au lieu des 6 à 8 litres habituels : assez pour permettre à une majorité de patients de passer le cap critique, sans risquer de surinfection bactérienne. Pour les autres, l'intubation - imposant de plus une sédation elle-même accompagnée d'effets indésirables - reste la solution de dernier recours.

  • La corticothérapie

Le deuxième axe, la corticothérapie, vise à réduire l'inflammation due à l'emballement de la réaction immunitaire cellulaire et cytokinique, responsable des lésions des divers organes. Après avoir testé, en vain, plusieurs molécules visant à contrer des types précis de cytokines pro-inflammatoires (comme le tocilizumab, visant l'interleukine-6, ou l'anakinra, contre l'interleukine-1), les cliniciens ont découvert l'efficacité d'un corticoïde tout simple et utilisé depuis longtemps en routine, la dexaméthasone. Contrairement aux molécules précédemment testées, la dexaméthasone, qui n'est efficace que sur les patients ayant besoin d'oxygène, a une action très large : il neutralise une grande variété de cellules pro-inflammatoires, tous types confondus. Ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, le risque étant, en réduisant la « mauvaise » inflammation (celle engendrée par l'orage cytokinique), de réduire aussi la « bonne » (celle qui permet de combattre une infection, virale ou bactérienne).

  • Anticoagulant

La troisième et dernière voie d'amélioration a été rendue possible par la découverte de l'action du virus sur l'endothélium des capillaires et le risque subséquent, pour les malades, de développer un thrombose pouvant occasionner une simple phlébite mais aussi, ce qui est beaucoup plus grave, une embolie pulmonaire. Les médecins parent donc à cette éventualité par l'administration d'anti-coagulants.

En ambulatoire,le traitement est essentiellement symptomatique : repos, hydratation, antalgique–antipyrétique type paracétamol, désobstruction nasopharyngée au sérum physiologique.

Un protocole de surveillance doit être mis en place car risque d'aggravation entre le 7e et le 10e jour. Pour ce faire, il existe des plateformes numériques (type Covidom APHP) qui facilitent la surveillance en établissant un lien entre le patient et les acteurs de santé.

Source : Elsevier

LesEchos

Copyright © 2021 AfroAware