COP 26: Les Priorités de l'Afrique

4 November, 2021 | by: David Kodjani

Le président des États-Unis a accueilli, les 22 et 23 avril 2021, le sommet des leaders sur le climat. Selon la Maison Blanche, le sommet visait à "galvaniser les efforts des principales économies pour faire face à la crise climatique." Les dirigeants de 40 pays, dont cinq d'Afrique, ont participé à cet événement virtuel.

Cet événement a constitué une étape importante, avant la Conférence des Parties (COP26) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui se tient actuellement à Glasgow 2021.

Les cinq dirigeants africains qui ont participé au Sommet des dirigeants ont souligné le rôle indispensable que le continent doit jouer dans les efforts mondiaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius.

La situation de l'Afrique mérite une attention particulière : le continent ne contribue qu'à hauteur de 4 % au total des émissions mondiales de GES, soit le pourcentage le plus faible de toutes les régions, et pourtant son développement socio-économique est menacé par la crise climatique. En d'autres termes, l'Afrique est le continent qui produit le moins d'émissions, mais qui subit le plus gros des conséquences. Par exemple, outre les effets de la crise climatique tels que l'insécurité alimentaire, les déplacements de population et la pénurie d'eau, plus de la moitié des pays africains sont susceptibles de connaître des conflits liés au climat.

Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement, les coûts annuels d'adaptation dans les pays en développement, actuellement estimés à 70 milliards de dollars, passeront à 300 milliards de dollars d'ici 2030 et à 500 milliards de dollars d'ici 2050. Dans le même temps, les gouvernements africains consacrent actuellement entre 2 et 9 % de leur PIB au financement des programmes d'adaptation.

Lors de la COP26 à Glasgow, les pays lanceront un objectif d'adaptation et adopteront une stratégie pour atteindre cet objectif. Glasgow offre donc l'occasion de reconnaître et de prendre en compte les besoins et les circonstances uniques de l'Afrique. Il existe plusieurs façons d'y parvenir selon Tanguy Gahouma-Bekale, Président du groupe africain de négociateurs sur le changement climatique dans le cadre de la CCNUCC :

  • Les pays développés doivent éviter de transférer leurs responsabilités climatiques, notamment en ce qui concerne leurs émissions cumulées de GES, aux pays en développement. En outre, les économies développées doivent montrer la voie en fixant des objectifs clairs pour atteindre des émissions nettes nulles d'ici 2050.
  • Sur la base des engagements et obligations découlant de l'article 4 de la CCNUCC, les pays développés doivent mobiliser et fournir des ressources financières adéquates pour le climat et transférer des technologies respectueuses de l'environnement aux pays africains.
  • La crise du COVID-19 ne doit pas faire dérailler l'agenda du financement climatique. Une réponse multilatérale plus progressive et à grande échelle est nécessaire pour faire face à la crise climatique, et le financement en est le cœur. Lors de la COP26, les pays doivent convenir d'une architecture financière, notamment d'un accord sur la poursuite du financement climatique à long terme (LTF) dans le cadre de la CCNUCC. Cela devrait s'ajouter au lancement d'un nouvel objectif de financement dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat.
  • Les pays développés doivent s'engager à combler leur déficit de financement climatique d'avant 2020, soit 100 milliards de dollars. Ces 100 milliards de dollars par an doivent être le plancher, et non le plafond, et des efforts continus doivent être déployés pour déterminer et satisfaire les besoins et les priorités des pays en développement.
  • Lors de la COP26, les négociateurs doivent reconnaître que les parties conditionnelles des contributions déterminées au niveau national (CDN) représentent les contributions les plus ambitieuses à l'Accord de Paris sur le changement climatique, et qu'elles nécessitent des ressources de financement climatique qui devraient être accessibles par des canaux bilatéraux et multilatéraux.
  • Enfin, l'Afrique a besoin d'un soutien supplémentaire pour ses initiatives, notamment l'Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) et l'Initiative africaine d'adaptation (AAI). Le continent a besoin de subventions, et pas seulement de prêts qui aggravent le fardeau de sa dette. L'augmentation de la dette et la pandémie de COVID-19 ont affaibli la capacité des pays pauvres à faire face à la crise climatique.

Les priorités de l'Afrique pour la COP26 comprennent ainsi l'adaptation, le financement climatique, un mécanisme de marché, des CDN ambitieux, un mécanisme de transparence, le respect des engagements d'atténuation avant 2020 et la reconnaissance des besoins et des circonstances uniques de l'Afrique.

"Ce sera au tour de l'Afrique d'accueillir la COP27. Elle aura lieu en novembre 2022 en Égypte. Le succès de la COP26 donnera à l'Afrique l'impulsion nécessaire à la préparation de la COP suivante. L'Afrique est désireuse de s'associer aux pays développés pour garantir un résultat ambitieux à la COP26. Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer." C’est avec ces mots que le président du groupe africain de négociateurs sur le changement climatique dans le cadre de la CCNUCC, Tanguy Gahouma-Bekale, a fini son analyse sur les priorités de son continent par rapport à la COP26 à laquelle il a naturellement participé.

5 solutions pour lutter contre le changement climatique

BNP Paribas Asset Management s’est associé à la Fondation GoodPlanet pour partager des informations utiles et les bons réflexes à adopter pour contribuer à l’objectif fixé par les accords de Paris. Voici quelques astuces et des conseils simple pour mieux comprendre les enjeux du réchauffement climatique et réduire au quotidien nos émissions de CO2.

  1. Lutter contre la déforestation !

Certains labels garantissent une gestion durable des forêts. En achetant des produits (papier, meubles, etc.) portant le label Forest Stewardship Council (FSC) ou Programme Européen des Forêts Certifiées (PEFC), nous pouvons contribuer à la préservation des forêts et limiter ainsi les émissions anthropiques de GES.

  1. Préserver les océans !

Pour lutter contre le changement climatique, nous devons préserver les océans. Pour cela, chacun de nous peut agir au quotidien. Par exemple, nous pouvons acheter des produits ménagers respectueux de l’environnement afin d’éviter de déverser des produits chimiques polluants dans les océans.

  1. Consommer de l’énergie propre !

Pour réduire notre impact sur le climat au quotidien, nous pouvons faire le choix d’une énergie propre, issue de ressources renouvelables. De plus en plus de fournisseurs d’énergie encouragent leur développement : favorisons-les dès que possible pour réduire nos émissions de GES au quotidien.

  1. Réduire les consommations d’énergie !

Une étiquette énergie classe les produits en fonction de leur consommation d’énergie. Ce classement est symbolisé par une lettre. Les plus économes en énergie et donc les plus respectueux de la planète sont classés A+, A++ et même A+++ ! Par exemple, un appareil classé A++ consomme 45% d’énergie en moins qu’un appareil classé A.

  1. Trier les déchets !

Le meilleur déchet reste celui que nous ne produisons pas ! Pour cela, de nombreuses solutions existent : s’interroger sur la nécessité de nos achats, privilégier les produits en vrac ou sans suremballage, préférer les éco-recharges, etc.

Source : Afrique Renouveau, BNP Paribas

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