30 millions de jeunes entre sur le marché du travail chaque année

6 April, 2021 | by: David Kodjani

Avec 1,3 milliard de personnes, réparties sur une superficie de plus de 30 millions de km², l’Afrique est moins peuplée que l’Inde qui est dix fois plus petite (3,4 millions de km2) ou que la Chine (9,6 millions km2).

Cependant, le continent noir possède le taux de fertilité le plus élevé au monde, avec une moyenne de 4,4 enfants par femme, selon le PRB. Avec une amélioration des conditions sanitaires, caractérisée notamment par une baisse de la mortalité infantile, l’Afrique a entamé son baby-boom.

Cette hausse des naissances, alors que le continent est encore loin d’être surpeuplé, explique la jeunesse de sa population qui représente plus de 75%. De plus, la population africaine devrait augmenter de 91 %, passant de 1,3 milliard en 2020 à 2,6 milliards en 2050 ; ce qui représente près de 60 % de la croissance démographique mondiale prévue au cours de la même période.

Un exemple illustrant la jeunesse de la population africaine est la réaction du continent face à la pandémie de Covid-19. Alors que le nombre de décès dans le monde atteint 2,4 millions de personnes, l’Afrique ne compte qu’un peu plus de 100 000 décès liés au coronavirus. C’est le continent le moins touché par la pandémie, une situation que les experts attribuent à la très forte proportion de jeunes au sein de la population contrairement à l’Europe.

Malheureusement, ce boom démographique est doublement perçu par les observateurs. Pour les plus optimistes, l’importante croissance démographique de l’Afrique lui permet de disposer d’une population active plus importante et capable de renforcer sa productivité. Cette perspective, qui lui permet également de s’appuyer sur un marché intérieur croissant, offre au continent une possibilité de développement économique accélérée.

Mais pour les plus pessimistes qui s’appuient d’ailleurs sur le niveau de développement des pays africains, cette hausse de la natalité engendrera une pression démographique difficile à supporter pour les économies du continent et d’importantes vagues d’émigration.

Placée au cœur des priorités des politiques nationales des sociétés civiles africaines, des partenaires au développement, la problématique de l'insertion économique des jeunes pousse les acteurs à proposer des réponses nouvelles, en particulier pour faire face au sous-emploi et à la précarité de l'emploi et des activités.

Offrir des emplois en quantité et qualité suffisante pour l'ensemble des jeunes d'Afrique constitue en effet l'un des plus grands défis pour les pays du continent comme pour l'ensemble de la planète.

La démographie africaine impose la création massive et rapide d’emplois. Sur une population de 1.3 milliard, 453 millions sont âgés de 15 à 35 ans et 30 millions d’entre eux arrivent chaque année sur le marché du travail, soit les trois quarts des entrées des jeunes au niveau mondial. Cela signifie qu’il faut doubler le nombre d’emplois, c’est-à-dire créer 450 millions d’emplois supplémentaires alors que la population active actuelle est d’environ 500 millions. L’enjeu est considérable car on considère que le nombre d’emplois créés est déjà insuffisant et le taux de scolarisation est de 71.7% pour les jeunes. Cet écart entre l’offre et la demande risque de s’accentuer si rien n’est fait, ce qui créerait des situations de forte précarité et de chômage dans certaines régions.

chiffres pourcentage

La notion d'emploi est complexe sur le continent africain et recouvre des réalités différentes. Dans certains contextes, l'emploi peut être salarié, stable, encadré par un Code du travail et une protection sociale. Dans d'autres, il peut être informel, instable, exercé au sein d'une micro-unité de production familiale et avec une rémunération facultative.

Les informations à disposition montrent que les taux d'activité des jeunes sont particulièrement importants dans les pays les plus pauvres de la région et, s'ils baissent à mesure que le niveau moyen de revenu des pays augmente, les emplois y sont alors de meilleure qualité.

Les taux de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni dans le système scolaire, ni en formation, ainsi que les taux de chômage, sont plus élevés dans les pays plus riches d'Afrique. Il apparaît en effet que dans les pays les plus pauvres, les jeunes ne peuvent pas se permettre de ne pas travailler et sont contraints d'accepter des emplois précaires ou d'être en pluriactivités.

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